Des mots assassins 

Ça reste dans ma tête. Comme une griffure. J’ai entendu l’histoire de Lisa, 15 ans qui s’est suicidée. J’ai froid. Je ne la connaissais pas. Peu importe. Partout, on dit que c’est à cause du harcèlement qu’elle vivait.  Et mwa, dans ma tête, ça me met en rage. Pas contre elle... pas du tout. En rage contre tout autour... en rage contre le vide qu’elle a perçu... mwa, j’imagine qu’elle ne voyait plus rien... le brouillard est devenu tellement dense, tellement collant, qu’il a fini par l’aspirer...  Il y a dans ma tête un petit bonhomme qui sautille en criant « IMPUISSANCE, IMPUISSANCE » Il agite tjs les même questions qui tournent alors en boucle.   Est-ce qu’elle ne voyait personne autour d’elle chez qui elle pouvait déposer son sac de pierres ? Comment on peut aider les gens à dépasser l’idée qu’ils ont d’être seuls, seuls à devoir se débrouiller avec ce qui leur arrive, qu’ils ne peuvent pas compter sur les autres ?  Comment on peut aider les gens à dépasser ce sentiment de honte qui bien souvent nous paralyse ? « Ahhh non non, je peux pas lui dire ça, j’ai trop honte. En plus après, il ne me verra plus que comme ça... »  Comment quand on est dans ce brouillard tout collant trouver la petite chose qui va faire qu’on va choisir d’ouvrir une porte et pas de les fermer toutes à tout jamais ? Pourquoi on n’arrive pas à couper le fil de ces espaces sur lesquels on est injurié ?  Comment trouver la force pour monter au créneau quand on est témoin de ça, pour faire barrage à ces insultes quand on les voit se produire juste là, devant ? Ou puiser cette force ?  C’est kwa vos trucs pour intervenir quand il y a des mots assassins qui volent sous votre nez, qui sifflent sous vos yeux et vos écrans ?  

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